Les troubles neurovisuels

Le trouble neurovisuel est un trouble cognitif durable et persistant spécifique d'origine visuelle mais qui n'est pas du à un problème des yeux.

Les troubles neurovisuels sont des troubles "centraux"

Les problèmes visuels ou oculomoteurs qui sont des troubles périphériques.

Les pathologies neurovisuelles se distinguent des pathologies visuelles par la nature de la lésion.

Pour autant, ces deux troubles sont liées et indissociables.  

Les mouvements oculaires, qui s’acquièrent par apprentissage dès la naissance et sont sans cesse améliorés, permettent les apprentissages par l'observation de ce qui nous entoure.

Le regard est l'outil de l'analyse visuelle.

Le trouble neurovisuel peut se manifester  par  un manque de concentration et de vigilance, une mauvaise stratégie visuo-spatiale, une attention sélective visuelle déficitaire, , une mauvaise coordination oculo-motrice, des difficultés visuo-constructives, des anticipations visuo-spatiales déficitaires, héminégligence, anosognosie, dyspraxie visuo-spatiale, etc. 

 

Comme pour les troubles du langage oral et écrit, le trouble  neurovisuel doit faire l'objet d'un bilan spécifique sur prescrition médicale.

Il peut être prescrit par tout médecin :  médecin généraliste, médecin scolaire, ophtalmologue, pédiatre, pédopsychiatre...

 

En conformité avec la NGAP (Nomenclature Générale des Actes Professionnels), ce sont les orthoptistes qui affectuent le "bilan neurovisuel". Il est remboursé par la sécurité sociale sur prescription médicale.

 

Qu'est ce que les troubles neurovisuels ?

Selon l’Asnav 'Association Nationale pour l’Amélioration de la Vue), (), 30% des enfants d’âge scolaire rencontrent des troubles de la vision au cours des premières années d’enseignement.

On estime que 3% des élèves souffrant de troubles des apprentissages (soit 5% de la population scolarisée), sont atteints de troubles neurovisuels (Vision et Cognition, 2012).

 Les troubles neurovisuels regroupent les dysfonctionnements des fonctions visuo-attentionnelles, oculomotrices et visuospatiales.

Ces atteintes ont des conséquences indéniables sur le développement des apprentissages de l’enfant.

 

 

Visuel et neurovisuel : quelle différence ?

Un trouble neurovisuel provoque une altération des capacités de détection, d’identification et/ ou  de reconnaissance.

Cependant,  l’acuité visuelle (L’acuité visuelle est la faculté de voir séparément deux points très proches l’un de l’autre. Elle dépend de la perception et de la distinction du plus petit détail possible d’un élément physique)  d’un porteur de troubles neurovisuels peut être préservée, du fait que l’œil,

On peut présenter un trouble neurovisuel mais ne pas avoir besoin de lunettes.

Cette possibilité retarde souvent le diagnostic de trouble neurovisuel et, il n’est pas rare, que les professionnels gravitant autour de l’enfant omettent d’explorer les fonctions neurovisuelles.

Les caractéristiques cliniques du jeune patient sont souvent interprétées comme des symptômes isolés et non comme les éléments significatifs de la présence d’une atteinte centrale.

Les troubles neurovisuels de l'enfant différent des atteintes chez l’adulte porteur de troubles neurovisuels, qui perd une fonction acquise antérieurement.

L’enfant, en plein développement, n’aura jamais connu la fonction visuelle qui est déficitaire et sur laquelle s’appuie l’ensemble de ses acquisitions cognitives, comportementales mais aussi émotionnelles.

Il est d’ailleurs rare que l’enfant porteur de troubles neurovisuels soit à l’origine d’une plainte non clairement exprimée en ce sens.

C’est pourquoi, le dépistage, le diagnostic et la prise en charge vont nécessiter une approche totalement différente de celle employée avec l’adulte, afin de proposer une prise en charge adaptée, le plus précocement possible.

 La modalité visuelle est celle par laquelle le jeune enfant perçoit et analyse la plupart des caractéristiques de son environnement. Une orientation efficiente du regard s’acquiert en partie, par apprentissage et ce, dès le plus jeune âge.

Une altération du contrôle de la commande oculomotrice peut avoir des conséquences dans trois grands domaines :

- Le développement moteur :

La présence de troubles neurovisuels dès la prime enfance a des conséquences non négligeables gênant l’acquisition de l’intégration visuo-motrice. Cette dernière se définit comme l’aptitude de créer des mouvements en relation avec ce qui est perçu par la vue. En effet, ces enfants ne parviennent généralement pas à adhérer à la perspective des objets en 3 dimensions. Le champ visuel étant parfois réduit, il n’est pas rare que dès la maternelle, l’enfant porteur de troubles neurovisuels désinvestisse les activités de motricité fine impliquant la manipulation.

Le développement de la motricité détermine également la prise de conscience et l’appropriation de l’espace. Du fait des difficultés liées à l’étape d’intégration visuo-motrice, les habilités praxiques, chez l’enfant porteur de troubles neurovisuels, sont généralement altérées. De plus, il s’agit d’élèves pour lesquels la structuration spatiale pose problème. L’enfant développe des stratégies d’évitement qui concernent les activités de construction.

- Le dévellopement comportemental : 

Le non dépistage d’un trouble neurovisuel peut conduire à l’établissement d’un diagnostic éloigné de la pathologie initiale. En effet, les difficultés rencontrées et l’incompréhension qui en découlent sont souvent à l’origine de frustrations de la part de l’enfant. Ce dernier désinvestit la plupart des activités requérant des aptitudes qu’il ne maitrise pas et le manifeste par des comportements pouvant aller jusqu’à la violence. Il n’est pas rare que ces enfants soient orientés vers une consultation psychiatrique pour des troubles du comportement assimilés à ceux de la psychose ou de l’autisme. Un dépistage et une prise en charge adaptée peuvent venir à bout des troubles du comportement rencontrés par ces enfants.

- Le développement des apprentissages scolaires :

« La vision est le socle des apprentissages » (Vision et cognition, 2012). 

- Le langage écrit :

Les difficultés de contrôle des saccades oculaires ainsi que de la fixation  engendrent une série de signes qui, pris de manière isolés, ne rappellent pas toujours le tableau clinique d’un trouble visuel d’origine centrale.

De manière générale, les difficultés rencontrées par l’enfant porteur de troubles neurovisuels sont :

- En lecture : des omissions, des substitutions et des inversions syllabiques et phonémiques. La lecture est lente, peu fluide et engendre une grande fatigue. La voie d’assemblage est donc laborieuse. Même si l’enfant ne présente pas de lésion de l’œil, il sera difficile de faire le lien avec le mouvement oculaire. L’accès au sens est compliqué et le fait de lire est vécu comme désagréable.

- L’orthographe : est marquée par de grandes difficultés de mémorisation de la forme visuelle du mot pouvant aller jusqu’à une faiblesse du lexique orthographique d’entrée. A cela s’ajoute les difficultés liées à la procédure alphabétique qui donne souvent lieu à un profil de dyslexique-dysorthographie mixte.

- L’écriture : comme pour tous les actes graphiques, l’écriture est laborieuse, peu soignée et généralement très lente. La copie n’aide jamais l’enfant porteur de troubles neurovisuels, qui commet toujours le même type d’erreurs.

- Les logicques mathématiques  : En lien avec le déficit de l’intégration visuo-spatiale, l’atteinte neurovisuelle a des conséquences sur les processus de repérage dans l’espace, essentiels à l’activité mathématique. Ceci a des répercussions :

- Au niveau arithmétique : le positionnement des nombres lors de calculs et l’alignement ne sont pas respectés. Ainsi, l’enfant se trouve face à des résultats faux, alors que la stratégie adoptée peut être justement assimilée.

- Au niveau géométrique : les difficultés spatiales se répercutent généralement dans les exercices de reproduction de figures et de mesure. La lecture de tableau à double entrée est généralement très difficile. Ces types de difficultés constituent un aperçu du tableau clinique que l’on peut rencontrer chez un enfant porteur de troubles neurovisuels. Cependant, il n’est pas exhaustif et dépend largement des moyens de compensation mis en place par le patient.

 

Comment se passe un bilan orthoptique neurovisuel  ?

Le bilan neurovisuel est habituellement réalisé en trois ou quatre rendez-vous  :

  • Le premier rendez-vous permet de faire connaissance avec les difficultés à évaluer, d’initier un premier examen de la vision.

  • Les rendez vous suivants seront destinés à la passation de tests ciblés, étalonés ayant pour objectif de cerner les problèmes de vision pouvant justifier des difficultés scolaires.

  • Quand ces tests ont été réalisés puis interprétés, un compte rendu vous sera fourni et une restitution de ce bilan permettra de décider de la necessité, ou non, d'une prise en charge orthoptique.

Pour effecuter ce bilan, vous devez avoir une prescription d’un médecin (ophtalmologue, pédiatre, médecin traitant…) précisant « Bilan orthoptique neurovisuel » pour bénéficier d’une prise en charge par votre sécurité sociale et votre mutuelle.

 

@2023 by U.C. Clear. Proudly created with Wix.com

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now